Mad Season
Above
Il y a des albums intemporels où chaque écoute est une première, le temps n’a pas d’emprise sur eux, il est démystifié et renvoyé à son inexistence. Avec l’album « Above », Mad Season réussit aisément cette gageure.
Cet extraordinaire groupe de « Rock Grunge » injustement oublié est composé de Mike McCready, guitariste de Pearl Jam, du feu Barrett Martin à la batterie, John Baker Saunders à la basse (décédé en 1999) et du regretté Layne Staley d’Alice in Chains au chant.
La découverte de ce groupe fut pour moi une surprise des plus agréables. En effet, « Above » n’est pas uniquement un énième du genre, mais une évolution agréablement surprenante du Grunge. De par cet album, Mad Season bonifie ce rock alternatif en y apportant une hargne mieux maîtrisée, une mélancolie moins abrupte et une lourdeur mesurée.
Si pour beaucoup d’adeptes le glas du « Grunge » a sonné avec la mort de Kurt Cobain, cet album vous prouvera le contraire.
L’album débute avec « Wake Up », une formidable complainte onirique et envoutante. Layne Staley y combat ses démons et se supplie de se réveiller. Plus de 7 minutes de détresse, un véritable supplice de résurrection. Dès le début du morceau, la ligne de basse et les percutions furtives vous envouteront et l’arrivée du chant de Layne vous hypnotisera entièrement.
« River of Deceit » est un titre inspiré du livre « Le Prophète » de Khalil Gibran, plus précisément le poétique chapitre décrivant la douleur.
« River of Deceit » est un titre inspiré du livre « Le Prophète » de Khalil Gibran, plus précisément le poétique chapitre décrivant la douleur.
Dans ses paroles, Layne nous dit :
« My pain is self-choses, at least, so the prophet says ».
« Ma douleur est choisie , du moins, c’est ce que dit le prophète» .
Le Prophète :
«Une bonne part de votre douleur est voulue par vous ».
«Une bonne part de votre douleur est voulue par vous ».
Ce livre annonce le départ du Prophète, Layne voulait en connaître un nouveau et éradiquer son addiction aux drogues, cause de sa souffrance. Malheureusement, son voyage fut écourté par la Faucheuse.
Le titre « I’m above » commence avec un riff de guitare lourd et bluesy. Le couplet est lancinant et n’annonce nullement l’interlude fort où la voix de Staley devient hurlante. Les changements de rythmes dans ce morceau sont inopinés et surprennent agréablement l’auditeur. Quant au refrain, il est envoutant et flirte avec les abîmes du « Grunge ».
« Artificial Red » est un titre de blues fumant et hurlant. La guitare et la voix se font échos et se consument réciproquement.
« Lifeless Dead » est un titre très fort où l’amour et la mort se côtoient. Le chant y est sombre, ténébreux, très proche d’Alice in Chains et la guitare y est saturée et lourde. Ce titre est une sorte d’hymne à l’« amour mort ».
« I’Don’t Know Anything » est une chanson qui martèle votre esprit, les paroles sont répétitives et la rythmique est une machine inlassable qui ne cesse de frapper, frapper, frapper… Ce titre et le précédent sont les plus hard de cet album.
« Long Gone Day » annonce une accalmie, les percutions prédominent et le son jazzy d’un saxophone vient compléter l’instrumentation. Les paroles sombres sont portées par le souffle vocal de Marc Lanegan et de Layne Staley.
« All Alone » conclut l’album paisiblement avec la voix de Layne plus poétique que jamais, hurlant la solitude de la vie.
Par la sincérité et la richesse de ses compositions, Mad Season a su me transporter vers l’ineffable émotion engendrée par sa musique. L’album « Above », le seul et l’unique du groupe est une pépite musicale à découvrir sans plus attendre.
Merci à Mad Season pour son oeuvre.
