Muse : "Origin of Catharsis".


Muse : Origin of Catharsis




L'artiste est celui qui, par son art, vous transmet des émotions. Muse, avec l’album "Origine Of Symmetry", vous insuffle une tempête émotionnelle électrisant instantanément son auditeur. Cet album purge votre âme avec une force cathartique incomparable. 

Il suffit de me remémorer un seul morceau de cet album et mon corps revit des émotions passées, des émotions imbibées de substances toxiques, des émotions faisant remonter à la surface le goût d’un alcool pur trop ingurgité. Coïncidence ou étape obligatoire de nos âges, c'est également à cette période que le groupe fait son école hallucinogène, ce qui explique, entre autres, le côté multidimensionnel de l'album. 

"Origin of Symmetry" commence avec "New Born", un enchainement de notes mélancoliques teintées d’une couleur diabolique digne de l’introduction au piano  de "Tubular Bells" de Mike Oldfield. Ensuite, vient le riff de guitare puissant laissant place à une colère dévastatrice. La voix de Matthew Bellamy y est tremblante, contrôlée pour ne pas sombrer dans la folie. Tantôt la guitare y est stridente, tantôt elle ricane, tantôt elle offre des refrains d’une profondeur abyssale. Le titre se termine avec la voix des anges déchus. Ce morceau est d’une intensité émotionnelle qui vous triture les entrailles et vous libère ainsi de vos angoisses  les plus profondes.

"Space Dementia" est un chef-d’oeuvre influencé par le grand Rachmaninoff. L’atmosphère de ce titre vous emmène dans une dimension spatiale où vivent le chaos et la solitude. Une expérience musicale envoutante où la tristesse tisse un voile humide sur votre regard. Une expérience de fin du monde en musique où le silence écrit son épitaphe. La chanson s’arrête, il ne reste plus rien. La seule issue possible est de réécouter inlassablement cette démence spatiale, c’est votre seule chance de rester vivant. Ce titre est une purge émotionnelle à consommer sans modération.

"Hyper Music" explose le mur du son, ce titre est un pur condensé de rage. La violence y est frontale et vous explose au visage. 

"Plug in Baby" donne à la guitare saturée ses lettres de noblesse. Matthew et son instrument semblent ne faire qu’un. Ses doigts, comparables à de longues pattes d’araignées, parcourent le manche avec une précision et une vélocité extrêmes. 

"Citizen Erased" est un subtil mélange de colère et de douceur, l’univers y est lunaire, il semble avoir été composé dans une autre dimension, proche des étoiles. Il est à la fois explosion et tranquillité. L’épilogue est, quant à lui,  doucereux et magistral.

"Micro Cut" nous emporte dans une envolée lyrique sans précédent. Matthew nous montre toute l’étendue de sa puissance vocale.  L’ambiance y est mystique. Le morceau se termine avec un riff lourd et dévastateur.

"Megalomania" sonne le glas, une complainte musicale, la fin d’un cycle. Les plaintes de l’auteur viennent heurter le paradis perdu et flirter avec la mort.

Muse a composé un album mélangeant les genres où le classique côtoie un rock explosif. Cet album est un véritable chef-d’oeuvre inspiré par les plus grands : Bach, Rage Against the Machine, Rachmaninoff, ...  

Aujourd'hui, Muse remplit des stades et part à la conquête du monde, un monde qu'il avait déjà transcendé avec ce second album. La musique est un art sans frontières, ni barrières et Muse en est l'un de ses plus brillants représentants.

Merci pour votre oeuvre.

Aronica Vincenzo












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