The Doors
La première fois que j’ai entendu ce groupe mythique, c’était lors de l’été 1990, dans la vieille voiture bosselée du père d’un ami. De son autoradio cassette vintage émanait une musique mystique aux sonorités blues/rock. L’une des chansons, à l'atmosphère religieuse, était dominée par la musicalité d'un orgue, cet instrument était l'essence même du morceau. Vous aurez peut-être reconnu "Light My Fire", ce hit des Doors semblable à une cérémonie religieuse érotique sous LSD.
En automne 1992, je découvre une seconde fois le groupe grâce à la cassette vidéo du film "The Doors" d'Oliver Stone. J'ai regardé ce film plus de 66 fois. La poésie de Morrison m'a tout de suite touché. A la fin du film, je voulais me procurer "Une Prière Américaine", écouter toutes les chansons et en connaître la traduction.
Le film a cette qualité de nous plonger au plus profond de la poésie apocalyptique du roi Lézard. L'une des premières phrases du biopic est :
- "Laissez-moi vous parler d'un cœur qui souffre d'avoir perdu Dieu".
Il est difficile de savoir si cette prose est réellement de Morrison, le film étant romancé, mais elle reflette bien l’univers poétique du Dionysos du rock. Une poésie errant dans le chaos tel un Samuel Beckett attendant son Godot.
A travers ses chansons et ses livres, Morrison m'a fait découvrir d'autres poètes. Notamment le poème "Ode à L.A." dédicacé à feu Brian Jones où l'auteur nous parle d'une "Pauvre Ophélie". Une pauvre Ophélie m'invitant à découvrir Hamlet de Shakespeare, une Ophélie sublimée par Rimbaud, une Ophélie inspirant le peintre John Everett Millais, une Ophélie muse universelle.
Morrison est mort à 27 ans, une carrière fulgurante et intense. En peu de temps, cet homme a touché des millions de personnes et a édifié avec son groupe une œuvre magistrale. J'aime à croire qu'il est venu sur terre tel un prophète pour nous délivrer un message : celui d'une musique décomplexée, sans frontière, poétique et orgasmique.
Je terminerai en disant :
- "Les mots du poète nous rendent libre. Rien n’est figé dans un poème, tout est permis. Leur compréhension dépend de notre ressenti. Le poète est libre et libère celui qui le lit.
Les Doors ont marié la musique et la poésie et en ont fait un art de l’exutoire, de la magie vibratoire".
Merci pour votre œuvre.
Aronica Vincenzo

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